Vous écoutez en ce moment 'Pentagonie Part 3', un extrait du dernier CD ''Volutes''

                                                                                             

 

"Juste la relation d'un monde visité, où mes maîtres festoient et devisent, débarrassés qu'ils sont du désir ou du devoir de plaire aux puissants et à ceux qui ont la mémoire courte."

Depuis mon plus jeune âge l'orchestration en général, et celle pour cordes en particulier, exerce sur moi une fascination qui ne s'est jamais démentie. La chance d'avoir un professeur oeuvrant dans ce sens en mettant ses élèves en situation le plus souvent possible n'est pas étrangère à ce goût.

 

 

                                                                  

© Photo : Yannick MONNIER - Scène Nationale "Les Gémeaux" - novembre  2002

 

 

 

 

Evoluant dans des petits ensembles de chambre aussi bien que dans de grands orchestres symphoniques et lyriques, j'ai grandi dans l'idée qu'il n'y a rien de plus exaltant que cette respiration collective au sein d'un groupe, que ce sentiment d'apporter sa pierre à l'édification d'une œuvre, et d'approcher une forme de divin à travers tous ces merveilleux compositeurs que comptent la tradition classique et la musique contemporaine.

Car si je me suis penché très tôt sur les secrets de cette alchimie qu'est la composition, c'est davantage pour recréer les conditions me permettant de retrouver cette ivresse que dans une démarche intellectuelle coupée du vivant.

Partant de ce principe le jazz ne pouvait que me fasciner à son tour, porteur qu'il était des mêmes valeurs, avec cependant cette différence de taille : l'utilisation beaucoup plus grande du libre arbitre des musiciens de l'orchestre à travers l'improvisation et la prépondérance du rythme vécu comme un élément essentiel, vital.

Aussi, dans mon esprit, le jazz actuel est semblable à une éponge se nourrissant de tout ce qui passe à sa portée. Et en matière de violon, notre planète regorge de sources d'inspirations quasi inépuisables…

Dès lors a germé en moi, pour ne plus me quitter, l'ardent désir d'associer les qualités complémentaires de ces modes d'expression en un langage d'aujourd'hui, adulte, ouvert sur le futur mais ne faisant pas table rase du passé; et cela au travers de ces ensembles de cordes que j'aime par dessus tout.

Cela étant on ne donne pas à un musicien la possibilité d'improviser sans avoir au préalable créé les conditions de son apprentissage. L'improvisation est une forme de liberté, et je suis de ceux qui pensent que la liberté n'est pas innée. Elle se forge dans le travail. Elle s'apprend.

Et donc elle s'enseigne, ce que je m'efforce de faire au C.N.R. d'Aubervilliers-La Courneuve, mais aussi à l'Ejma de Lausanne ainsi que dans des stages comme ceux de Musique et Danse en Poitou-Charentes ou de MusicAlp à Courchevel.

Je pense par ailleurs qu'il est important de favoriser, autant qu'il est possible, les initiatives visant à motiver les élèves des conservatoires et écoles de musique afin qu'ils participent à des spectacles de cette nature, encadrés par des musiciens rompus à l'art de l'improvisation. On ne saurait en effet réduire la transmission de ce savoir à un strict aspect théorique, en négligeant les bienfaits de la tradition orale et de l'expérience vécue.

 

 

 

  © Photo : Yannick MONNIER - Scène Nationale "Les Gémeaux" - novembre  2002

 

 

 

 

 

 

       
       
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