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© Photo :
Yannick MONNIER -
Evoluant dans des petits
ensembles de chambre aussi bien que dans de grands orchestres symphoniques
et lyriques, j'ai grandi dans l'idée qu'il n'y a rien de plus exaltant que
cette respiration collective au sein d'un groupe, que ce sentiment
d'apporter sa pierre à l'édification d'une œuvre, et d'approcher une forme
de divin à travers tous ces merveilleux compositeurs que comptent la
tradition classique et la musique contemporaine.
Car si je me suis penché
très tôt sur les secrets de cette alchimie qu'est la composition, c'est
davantage pour recréer les conditions me permettant de retrouver cette
ivresse que dans une démarche intellectuelle coupée du vivant. Partant
de ce principe le jazz ne pouvait que me fasciner à son tour, porteur
qu'il était des mêmes valeurs, avec cependant cette différence de taille :
l'utilisation beaucoup plus grande du libre arbitre des musiciens de
l'orchestre à travers l'improvisation et la prépondérance du rythme vécu
comme un élément essentiel, vital. Aussi,
dans mon esprit, le jazz actuel est semblable à une éponge se nourrissant
de tout ce qui passe à sa portée. Et en matière de violon, notre planète
regorge de sources d'inspirations quasi inépuisables… Dès lors
a germé en moi, pour ne plus me quitter, l'ardent désir d'associer les
qualités complémentaires de ces modes d'expression en un langage
d'aujourd'hui, adulte, ouvert sur le futur mais ne faisant pas table rase
du passé; et cela au travers de ces ensembles de cordes que j'aime par
dessus tout.
Cela étant on ne donne pas à
un musicien la possibilité d'improviser sans avoir au préalable créé les
conditions de son apprentissage. L'improvisation est une forme de liberté,
et je suis de ceux qui pensent que la liberté n'est pas innée. Elle se
forge dans le travail. Elle s'apprend.
Et donc elle s'enseigne, ce
que je m'efforce de faire au C.N.R. d'Aubervilliers-La Courneuve, mais
aussi à l'Ejma de Lausanne ainsi que dans des stages comme ceux de Musique
et Danse en Poitou-Charentes ou de MusicAlp à Courchevel.
Je pense par ailleurs qu'il
est important de favoriser, autant qu'il est possible, les initiatives
visant à motiver les élèves des conservatoires et écoles de musique afin
qu'ils participent à des spectacles de cette nature, encadrés par des
musiciens rompus à l'art de l'improvisation. On ne saurait en effet
réduire la transmission de ce savoir à un strict aspect théorique, en
négligeant les bienfaits de la tradition orale et de l'expérience vécue.
© Photo :
Yannick MONNIER -

